280. Les Vanity domains

Aujourd’hui épisode un peu pédagogique sur un phénomène technique et marketing, les vanity domains ou les noms de domaines personnalisés. Je vous présente deux manières de les créer, la méthode réservée aux grandes entreprises et la méthode bidouille pour les pauvres.

Vous connaissez les Vanity metrics, les chiffres qui font du bien à votre égo. Vous connaissez aussi ce que l’on appelle les Vanity URLS, les urls personnalisées sur les réseau sociaux et notamment Facebook. Elles vous permettent d’avoir une url de type Facebook.com/votrenom plutôt qu’une url de page ou de profil avec des chiffres dedans. Sur d’autres réseaux sociaux les vanity urls sont naturelles (Instagram, Twitter). L’idée est d’avoir le même nom court partout

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Connaissez vous les Vanity Domains ?

Vous les croisez mais sans trop savoir qu’on les appelle ainsi. Le Vanity domain c’est un nom de domaine personnalisé ou créé dans le but de représenter une personne ou une entreprise. C’est surtout la capacité à afficher votre marque dans la barre d’adresse sans autre extension derrière.

Vous connaissez probablement la pub tv pour Booking signée Booking.yeah. Cependant l’extension .yeah n’existe pas. Mais d’autres marques ont passé le cap d’avoir leur propre extension. Et ce n’est pas réservé aux les marques tech ou aux startups. Les cuisines Cuisinella ont ainsi leur propre extension .cuisinella et leur site est ainsi accessible à l’adresse ma.cuisinella.

Deux types de Vanity Domains

On pourrait classer les vanity domain en deux grandes catégories :

  • ceux des pauvres qui jouent avec les extensions génériques et géographiques,
  • ceux des riches qui gèrent leur propre extension à leur profit.

Petit rappel sur le fonctionnement des noms de domaines

Les extensions sont ce que l’on appelle des TLD (top-level domain). Ils sont un élément essentiel du web en permettant d’avoir des noms faciles à retenir pour accéder à un site.

Au départ il existait des extensions génériques (.com, .net) et des extensions géographiques attribuées à chaque pays. Le .fr pour la France par exemple.

Chaque pays à le sien même si pour certains cas ils ont été détourné : le .tv correspond aux Iles Tuvalu, le .fm à la Micronésie, le .me au Monténégro.

C’est une denrée précieuse, souvent sur le mode du premier arrivé premier servi avec des contraintes géographiques pour les pays.

Le Vanity Domain des pauvres : le Domain Hack

Le fonctionnement de bases des noms de domaines et des extensions génériques et géographiques permet de jouer avec. Ce que j’appelle « Vanity Domain des pauvres » correspond à ce que l’on appelle le Domain Hack. Il s’agit en fait de bidouiller pour reconstituer le nom de la marque en jouant avec les extensions. Et ce n’est pas récent :

  • Yahoo! a acquis blo.gs le 14 juin 2005 (le .gs correspond à la Géorgie du Sud-et-les Îles Sandwich du Sud) , et l’outil de signets del.icio.us le 9 décembre 2005. Le us est l’extension américaine, très peu utilisée car les américains considèrent leurs sites comme universels et préfèrent le .com.
  • Nous avons aussi eu la mode des domaines en Ly comme le raccourcisseur d’url Bit.ly. Cependant, beaucoup ont abandonné cette extension pour reprendre un .com car le .ly correspond à la Lybie.
  • Google aime beaucoup ce type de hacks. Le raccourcisseur de Youtube joue avec l’extension belge pour reconstituer youtu.be. Google utilise aussi goo.gl en jouant avec l’extension du Groenland, et le site de Alphabet est un astucieux abc.xyz.
  • Ce petit jeu a donné lié aussi des trucs plus amusants comme le connuplease.do.not.disturb.me qui joue avec le .me et des sous-domaines.

Vous pouvez le faire assez facilement en faisant un tour des extensions que vous pouvez déposer. J’utilise par exemple bougn.at pour Cyberbougnat et une variante perso boogn.at. Vous pouvez ainsi reconstituer des mots si vous trouver des extensions pertinentes. Les hispanophones qui ont des verbes en ar peuvent acheter le .ar de l’Argentine pour fair des verbes tel educ.ar.

Pour transposer ce cas en français, il faudrait déposer des domaines en .er qui correspond à l’Érythrée. Cependant les règles de dépôt de ces domaines ne sont pas aussi simples qu’un domaine européen ou qu’un domaine générique. Idem pour les verbes en .ir qui est l’extension de l’Iran.

Si vous voulez trouver un tel domaine plus facilement, le site https://domainr.com vous aidera en vous proposant des combinaisons possibles.

Les vanity domain des riches grâce au NewgTLDs

Avec la pénurie de domaines génériques sont aussi apparus des nouveaux domaines. L’ICANN avait lancé en 2008 un programme appelé NewgTLDs et qui a permis à partir de 2012 de voir fleurir de nouvelles extensions. En 2012, l’Icann avait reçu 1930 demandes.

Ces nouveaux TLDs sont de plusieurs types :

  • en caractères non-latins pour les internautes dont la langue utilise un autre alphabet,
  • descriptives ou sectorielles (.vine pour le vin par exemple, .photo, .archi, .bio ou encore .menu pour les restaurants)
  • localisées tels le .bzh pour la Bretagne ou le .paris et le .alsace.
  • et enfin les .marque.

C’est à ce moment que sont apparus de nombreuses nouvelles extensions. On en a parlé ces derniers temps de la nouvelle fonction de la gSuite de google pour créer des nouveaux documents en utilisant l’extension .new. Vous pouvez taper Doc.new dans la barre url de votre navigateur pour créer un nouveau document Google Docs. Cela marche avec tous leurs outils mais personne d’autre ne le fera car cette extension .new leur appartient. En fait officiellement, il est géré par la Charleston Road Registry Inc qui est à l’adresse de Google et et comme personne contact une responsable com de Google.

En revanche n’espérez pas ouvrir ou sauvegarder ainsi en tapant doc.open ou doc.save. Le .open appartient à American Express et le .save à Amazon.

Des marques ont saisi l’occasion de sécuriser leur nom

Mais surtout, sont apparus des extensions de marques. Les .marque représentaient environ un tiers des demandes de création d’extension. Entre les projets géographiques et les marques il y avait 54 dossiers français et donc quelques entreprises.

On peut citer en vrac : la société mère de .cuisinella a aussi obtenu le .schmidt, .axa le premier à être attribué, .ovh qui propose de réserver un domaine avec, .sncf, .arte, . clubmed, .bnpparibas, .canalplus. Les supermarchés Leclerc ont aussi le .leclerc et l’utilisent par exemple pour les espaces culturels :https://www.culture.leclerc/.

De nombreuses grandes marques ont aussi leur extension : .gap, .netflix, .nike, .aol, .amazon,.audi, .sony. Apple a le .apple qu’il utilise pour un mini-site https://experience.apple. Ferrero a aussi l’extension .rocher mais n’a pas demandé .nutella.

Pour l’anecdote Amazon avait demandé 76 extensions (et a par exemple le .drive) et Google 100. Ce qui ne veut pas dire qu’ils ont tout eu. Ainsi 9 sociétés demandaient le .blog, dont Google, et c’est Automattic l’éditeur de WordPress qui a raflé la mise.

Quel est l’intérêt de ces domaines ?

Bien entendu, il est assez prestigieux pour une marque d’avoir une telle extension. Mais cela permet aussi de sécuriser au maximum la marque. Compte tenu du coût d’une telle extension, seules les grosses marques peuvent se le permettre. Les frais initiaux de candidature étaient ainsi de 185.000 dollars.

Si vous tombez sur un site .sony vous êtes certain que vous êtes chez la marque nippone. On pourrait imaginer un france.sony pour son site français officiel et ainsi de suite pour chaque pays. Tout le monde peut déposer un jaimesony.fr, même si vous encourez une plainte de la marque, mais seul Sony peut déposer le jaime.sony que la marque s’achète en fait à elle-même.

Alors faut-il un Vanity Domain ?

Il est sûr que l’extension de type .marques est trop chère pour nous. Mais jouer avec les hacks est possible et souvent facile quand on se lance et cherche une marque. Cela en fait un un excellent outils marketing web à faible coût.

280. Les Vanity domains

— Bertrand Soulier

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