411. Faut-il vraiment éviter de raconter une histoire qui ressemble aux autres ?

Sylvain me demande si le storytelling fonctionne vraiment. Toutefois il est saoulé de recevoir des mails tous formatés de la même manière.

Voici la question de Sylvain : « Storytelling : ca marche vraiment ? ( ça me saoule tous ces mails formatés) »

Accède à ma formation secrète

Un email rempli de conseils pour monter votre activité en ligne, partager votre passion et construire votre nouvelle vie.

Le storytelling est vieux comme notre Monde !

Oui le storytelling est efficace et c’est pour ça que nous le voyons partout. Mais il ne marche pas seulement depuis internet. Il marche depuis que l’Homme est Homme et s’organise en société. Imaginez un monde où il n’y avait pas d’informatique, mais pas d’imprimerie non plus et encore plus loin rien pour vraiment écrire. Comment transmettre l’information. Avec ce que nous possédons toujours sur nous : notre voix et nos oreilles.

Raconter des histoires est en effet le mode de transmission de l’information depuis des millénaires. Bien entendu nous n’avons la trace que de ce qui a été écrit.

Le récit le plus ancien actuellement connu est l’Épopée de Gilgamesh qui a rencontré un grand succès durant la Haute Antiquité. Écrite en caractères cunéiformes sur des tablettes d’argile, elle relate les aventures de Gilgamesh, personnage héroïque de la Mésopotamie antique. Roi de la cité d’Uruk où il aurait régné vers 2650 av. J.-C., Gilgamesh est présenté dans tous les récits épiques où il apparaît comme un personnage hors du commun, de par sa stature et par les exploits qu’il accomplit.

Même s’il a inspiré un personnage dans l’univers Marvel, la faible exposition de la mythologie mésopotamienne, ne lui a pas permis de faire une aussi belle carrière que les stars que sont Ulysse, l’Iliade et l’Odyssée date 750 avant J.-C., Les Contes des mille et une nuits (VIIIe siècle) ou le roi Arthur. Nous devrions aussi ajouter à la liste tous les textes religieux.

Le storytelling est efficace

Une histoire a un avantage. La personne qui l’entend peut la raconter à son tour. Et si on utilise autant le storytelling, c’est qu’il permet de faire passer un message d’une manière plus émotionnelle et plus évocateur. C’est ce qui permet d’impliquer celui qui découvre l’histoire. Cela lui permet aussi de mieux la mémoriser.

Le psychologue spécialisé dans les questions cognitives Jerome Bruner avait estimé « qu’un fait enrobé dans une histoire a une puissance de mémorisation 20 fois plus élevée que ce même fait brut. »

Selon d’autres recherches, l’émotion associée à une histoire libère de l’adrénaline dans le cerveau, et cet adrénaline booste la mémorisation. La quantité d’adrénaline est fonction de l’intensité de l’émotion et du niveau de surprise, d’inattendu dans l’histoire.

Voilà pourquoi dans une histoire on doit mettre un peu d’émotion, de la surprise, du drame, un héros mais aussi un méchant. Le storytelling n’est pas juste raconter le déplacement d’une situation A à une situation B. C’est organiser la séquence pour qu’on la mémorise.

Pourquoi toutes les histoires se ressemblent

Nous vivons dans un monde de l’abondance de connaissances disponibles et surtout dans celui de la productivité et de l’efficacité. Nous cherchons ce qui marche, nous cherchons à limiter le risque, nous cherchons donc l’efficacité absolue.

Et nous cherchons donc aussi des méthodes. En storytelling la méthode la plus connue est celle étudiée par le spécialiste des mythes Joseph Campbell. Il a étudié les différentes mythologies pour élaborer sa théorie du monomythe. Il a dégagé de ces récits un schéma narratif type, celui du voyage du héros.

Depuis 1949, son schéma détaillé dans Le Héros aux mille et un visages a été appliqué délibérément par de nombreux artistes et écrivains dans le monde. L’un des plus fameux est George Lucas, qui a reconnu s’être inspiré de Campbell pour concevoir l’intrigue des films de Star Wars. Pixar en a fait une bible aussi pour ses scénaristes.

Cette trame a fonctionné pour les mythes et fonctionne pour toutes les histoires. Et elle fonctionne d’autant mieux parce que nous avons intégré son schéma. Quand vous allez au cinéma, vous pouvez déjà savoir le déroulement classique du film. Et ce n’est pas vraiment un problème.

En fait notre cerveau aime ce qui est prévisible, il aime deviner la suite. Il enregistre d’autant mieux l’ensemble. Ensuite, si vous savez la fin, vous ne savez pas par où le héros va devoir passer pour y arriver. C’est l’intrigue et le suspense qui vous plongent dans l’histoire. Pas la fin.

Pourquoi tous les mails se ressemblent

Je l’ai dit. Sur internet nous cherchons à vendre et donc l’efficacité. Le storytelling est une forme de communication efficace. Mais pour vendre il faut lui adjoindre le copywriting. Le copywriting c’est l’art de vendre par écrit.

Beaucoup de formations proposent les deux. Et les mails formatés dont parle Sylvain sont souvent le mélange des deux. Le storytelling ce sont les histoires. Le copywriting c’est l’art de vendre. La légende dit que si vous alliez le deux, vous devez pouvoir vendre n’importe quel produit à une personne intéressée par votre offre.

Alors tous ceux qui veulent gagner de l’argent sur internet, nous tous, cherchent comment faire. Et c’est un bon business pour les formateurs. Nous trouvons énormément de formations no-brainer ou tactiques sur le sujet. Elles ont toutes pour point commun de proposer des plans par étapes et des textes à copier-coller.

C’est rapide pour la personne qui achète, souvent efficace et les destinataires ne s’en rendent pas compte. En fait nous nous en rendons compte quand nous sommes dans le milieu. J’ai vu un gars dans la course à pied recopier intégralement le mail d’un formateur en ligne en changeant formation vidéo par coaching trail. Si les destinataires ne s’intéressent pas au marketing ils n’y verront que du feu.

Mais si tu vous êtes abonné à plusieurs marqueteurs, ou à leurs clients, vous avez l’impression de recevoir tout le temps les mêmes messages. Et c’est le cas.

Comment s’en sortir ?

Je ne vais pas vous dire de ne pas respecter les plans. Les structures sont importantes car elles donnent un cadre qui fonctionnent. La différence vient de votre capacité à les comprendre, les déconstruire et les reconstruire à votre sauce.

Soit vous restez dans le copier-coller, soit vous intégrez les grandes notions, la logique et vous mettez en œuvre votre talent pour masquer la structure. Je prends ainsi l’image des films de série B ou les téléfilms de Noël.

Ils ont exactement la même structure que les gros succès du box office. Parfois ce sont des acteurs connus. Parfois les premiers films de grands réalisateurs. Mais on se moque de ces films car on connait la fin. Et oui nous savons que le père Noël ne va pas prendre sa retraite ou que la journaliste va tomber amoureuse du bucheron bourru à la prochaine tempête de neige. Mais soyons honnête vous connaissiez dès le début la fin de Coup de foudre à Notting Hill.

La différence alors ? Les acteurs ? Le budget ? Le réalisateur ? Peut-être ! La qualité du scénario pour nous faire passer de la scène de départ au baiser final bien plus.

Conclusion

Si vous ne voulez pas ressembler aux autres, il ne faut pas forcément réinventer la roue. Il faut intégrer les structures qui fonctionnent, les décomposer pour les comprendre et les développer à votre manière.

Et surtout il ne faut pas recopier les phrases. C’est pour ça que ma formation en storytelling comprend des plans mais aucune histoire racontée de A à Z. Car ce qui fait la différence c’est d’injecter qui vous êtes vous !

411. Faut-il vraiment éviter de raconter une histoire qui ressemble aux autres ?

— Bertrand Soulier

0 comments… add one

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *