L’art de la victoire : L’autobiographie de Phil Knight le fondateur de Nike

Je viens de finir — que dis-je, dévorer — l’autobiographie de Phil Knight, fondateur de Nike. Voici pourquoi je vous la recommande tout particulièrement.

Je ne suis pas spécialement un lecteur de biographie. Je ne suis pas non plus un fan ou même vraiment un client de Nike. L’art de la victoire n’avait donc de prime abord que bien peu de chance de se retrouver dans ma liseuse. Cela aurait été dommage à mon sens de le rater.

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Nike est une marque iconique qui me semblait avoir toujours existé alors qu’elle est à peine plus vieille que moi. Mais c’est normal, tout ce qui est né avant nous a toujours existé. Finalement je ne m’étais jamais intéressé à son histoire et sa naissance même si j’avais idée qu’elle avait été au cœur du développement du running.

Une idée folle

Dans l’Art de la victoire, Phil Knight explique la naissance de l’entreprise, depuis son Idée folle alors qu’il était jeune diplômé jusqu’à l’introduction en bourse. C’est un livre remarquablement écrit qui se lit comme un roman.

Le livre est structuré par année et raconte les nombreuses péripéties de l’idée à l’entrée en bourse. Ce livre ressemble en fait à une course, une course en avant pour trouver sans cesse de l’argent pour acheter des chaussures puis les vendre. Et l’obsession de Phil Knight est surtout de ne pas s’arrêter.

Ainsi cette biographie n’est pas écrit façon « mes 10 conseils pour lancer un entreprise. » En fait il n’y en a vraiment qu’un conseil pour lui :

« Ce matin de 1962, je me suis dit qu’il fallait que je laisse les autres dire que mon idée était folle… Qu’il fallait juste ne pas s’arrêter. Il ne fallait même pas considérer l’abandon, et ne pas trop penser à la destination finale. Quoiqu’il arrive il ne fallait pas s’arrêter.  C’est le conseil précoce que je me suis donné et que j’ai plus ou moins réussi à suive. Un demi-siècle plus tard, je crois que c’est le meilleur conseil — peut-être le seul, d’ailleurs — que chacun de nous devrait se permettre de donner. »

Bien entendu, quand on connait Nike maintenant on sait à quelle point ce fut une course grandiose. Mais le livre n’est pas structuré façon film hollywoodien avec une idée qui décolle rapidement et un petit accroc pour faire monter le suspense. Non, on n’est pas dans la silicon valley et The Social Network, la startup Nike s’est construite sur de longues années.

Nourri à l’adversité

Phil Knight était un coureur qui aimait la compétition. Il n’était pas le meilleur et c’est aussi ce qui a construit sa réussite. L’histoire de Nike est une grande course dans laquelle il était l’outsider au mental de revanchard. Le livre vous embarque dans cette course incroyable dans laquelle il s’est lancé sans argent. Une course autour du monde, une course à l’argent donc, une course à obstacles forcément. Et donc une obsession, ne pas s’arrêter et avancer malgré les difficultés.

Il raconte ainsi sa philosophie d’entrepreneur pour développer son entreprise, comment il a bluffé, avancé, combattu la frilosité des banques, affronté le gouvernement ou son partenaire japonais pour vraiment décoller.

Son entreprise, Blue Ribbon Sport, n’était au début qu’un importateur des baskets japonaises Onitsuka, qui deviendra Asics plus tard. La société japonaise n’a pas cru dans son partenaire américain, qu’elle jugé trop petit, et a voulu s’en débarrasser. Elle a en fait nourri la détermination d’un concurrent. C’est ainsi que la société a lancé la première Nike, qui n’était qu’un modèle pour survivre.

La suite vous la connaissez mais Phil Knight était le seul à pouvoir la raconter vraiment. De même qu’il était probablement le seul à pouvoir faire ressentir pourquoi le fait d’être dans l’Oregon a nourri sa volonté mais aussi l’esprit de l’entreprise.

Que ce soient ses concurrents comme Adidas ou Converse, la mort de la star du running Steve Prefontaine, le départ d’un salarié, les relations avec ses partenaires et bien plus tard certains scandales sur les usines… chaque obstacle rencontré semble avoir nourri un peu plus l’esprit de l’entreprise et sa volonté de ne pas lâcher.

Une marque au cœur du développement de la communauté des coureurs

Ce qui est intéressant dans l’histoire de Nike, c’est à quelle point l’entreprise a révolutionné la course à pied car ce sport était dans ses gênes. Son ADN, ce sont des coureurs et entraîneurs qui ne cessent de vouloir développer leur produit. Nike s’est implanté et a accompagné la communauté des coureurs à une époque où elle était inexistante.

Certaines choses faites il y a 30 ou 40 ans ressemblent d’ailleurs beaucoup aux conseils que nous donnons pour développer une marque actuellement, avec les réseaux sociaux en plus. Exemple :

« En réalité, en 1965, la course à pied n’était même pas un sport. Ce n’était ni populaire, ni impopulaire, car ça n’intéressait personne. Il ne devait y avoir qu’une poignée d’excentriques, ou de maniaques, pour s’infliger des joggings de plusieurs kilomètres, ce que l’on attribuait souvent au besoin de se défouler. Personne ne parlait de la possibilité de courir pour le plaisir, ou faire de l’exercice, sécréter des endorphines ou encore pou vivre mieux et plus longtemps. Les coureurs étaient l’objet de moqueries récurrentes. C’était souvent arrivé à Johnson. Il voulait que tout cela change. Il voulait aider les coureurs opprimés de toute la planète, les mettre sur le devant de la scène et créer une communauté. Peut-être avait-il vraiment l’âme d’un assistant social au final. Mais il semblait vouloir réserver ses actions au cercle des coureurs. Par-dessus tout, Johnson voulait gagner sa vie et se battre pour cette cause, ce était quasiment impossible à l’époque. »

Pour faire partie d’une tribu, il faut être reconnu pour sa volonté de la faire progresser et en partager les préoccupations. C’est ce que Nike a fait autour d’une première boutique mais aussi dans tous les stades des Etats-Unis. Mais cette stratégie n’était pas innée. Phil Knight explique ansi qu’il a surtout essayé de décourager Jeff Johnson, son premier salarié, dans cette démarche.

Il n’a pas réussi et heureusement car cette tactique a finalement était payante. C’est même devenu un modèle de business. Cette démarche s’est poursuivie avec les futurs champions, d’abord universitaires puis sur le point de devenir pro.

Johnson a ainsi créé un réseau de clients et d’entraîneurs qui ont lui ont fait des feedbacks et lui s’en servait pour améliorer les chaussures. Si on y ajoute la démarche de l’entraîneur Bowerman qui bidouillait des chaussures pour ses athlètes, l’approche de Nike ressemble aussi à celle à la démarche Lean. Bien entendu, la multinationale est désormais a des années lumières de cet esprit garage mais elle a ainsi bidouillé quelques années.

Une bio très honnête

Surtout, Phil Knight ne cache pas ses faiblesses et erreurs, ses découragements, son mauvais management, les moments peu glorieux et même ses mensonges. Il avoue ne pas avoir forcément toujours cru à certaines idées, à commencer par le logo Swoosh payé quelques euros à une étudiante (« Bon, je ne l’aime pas –mais peut-être que je m’y ferai ? » ) ou Nike, illumination nocturne de Johnson alors que Phil Knight avait choisi Dimension 6 comme nom. Il confesse avoir passé des années à devoir beaucoup d’argent à beaucoup de monde.

Il se montre aussi très cash sur les descriptions des gens qu’il a croisé. Il raconte qu’il connait mieux Nike qu’il ne se connait lui même et ne cache pas s’être occupé assez de sa famille et de ses enfants. Ce qui ne fut pas sans conséquences.

Messages à la jeune génération

Phil Knight raconte qu’il a surtout eu à cœur de préserver l’esprit initial de sa société pas très corporate même si ça retardait potentiellement le développement. Puis il a eu à cœur de le transmettre à ses salariés. Nike n’a pas chercher à copier et se formater en fonction des autres entreprises. Certaines anecdotes sont ainsi vraiment savoureuses.

Phil Knight a aussi quelques messages à faire passer. Dans le dernier chapitre de son livre il a aussi quelques messages forts à faire passer. Voici pour moi le principal :

«  J’aimerai dire aux hommes et aux femmes d’environ 25 ans de ne pas se contenter d’un job, d’une profession ou même d’une carrière. J’aimerais leur dire de chercher leur vocation, même s’ils n’ont pas forcément l’idée de ce que cela peut vouloir dire. Lorsque l’on suit sa vocation, la fatigue devient plus facile à supporter, les déceptions sont un carburant et le réussites ont une saveur exceptionnelles. »

« J’aimerais prévenir les meilleurs d’entre-eux, les iconoclastes, les innovateurs et les rebelles, qu’il y aura toujours une cible dans leur dos. Meilleurs ils sont, plus large est la cible. Il ne s’agit pas d’une opinion mais d’une loi de la nature. »

Je n’avais pas d’affection spécifique pour cette marque. J’en ai beaucoup plus après avoir lu ce livre car je la comprends mieux. Voilà donc pourquoi je vous recommande la lecture de cette autobiographie.

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— Bertrand Soulier

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